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« Le personnalisme est une anti-idéologie », affirmait Jean Lacroix dans un petit essai de 1972. « Meure le personnalisme, vive la personne », insiste Paul Ricoeur. Mounier n'a rien voulu imposer. D'ailleurs, observe Marc-Olivier Padis, rédacteur en chef d'Esprit, la fécondité de son oeuvre se mesure surtout à la façon dont les gens savent s'en emparer et l'ancrer dans la réalité de leur culture.
Peut-être plus que tout autre pays européen, la Pologne a su accueillir et enrichir le personnalisme. C'est là, estiment de nombreux témoins, que la résistance polonaise a puisé ses fondements et ses forces. Pour Cesary Gawrys, directeur de la revue Wiez, dont les liens avec la pensée de Mounier sont directs et indiscutables, « la véritable impulsion que Solidarité a donnée à la Pologne et au monde peut être nommée une révolution personnaliste et communautaire ». Tadeusz Mazowiecki, qui fut le premier chef de gouvernement de la Pologne à nouveau libre et indépendante, évoque volontiers sa rencontre en 1989 avec Jacques Delors, alors président de la Commission européenne : « Tout de suite, confie-t-il, nous avons trouvé un langage commun grâce à Esprit et à Emmanuel Mounier. »
Après une longue période de purgatoire, la pensée et la démarche personnalistes répondent à nouveau au besoin de références, de repères et de sens de beaucoup de contemporains. Des chercheurs s'y intéressent. Des étudiants, surtout en sciences politiques, se réunissent en clubs et en groupes de travail (Intuitu personae, Chrétiens pour une gauche nouvelle) autour des oeuvres personnalistes. Des colloques et des traductions sont en cours. Dans l'Europe en construction, la dynamique personnaliste est d'actualité. « Le vieux mot révolution personnaliste et communautaire n'est pas un mot anarchisant des années 1932, estime Paul Ricoeur, mais un mot d'ordre lancé devant nous. »
Le constructivisme, théorie de l'apprentissage, a été développé, entre autres, par Piaget en réaction au behaviorisme qui, d'après lui, limitait trop l'apprentissage à l'association stimulus-réponse. L'approche constructiviste met en avant l'activité et la capacité inhérentes à chaque sujet, ce qui lui permet d'appréhender la réalité qui l'entoure.