"Avant le départ fixé à 13 heures, gare Sainte-Lucie, elle s'échappa un moment pour aller encore une fois place Saint Marc, goûter encore un peu à la magie vénitienne.
La matinée de mars s'achevait. Il faisait froid. Le vent chargé des brumes de la lagune giflait les rares passants qui se hâtaient pour emprunter une venelle abritée.
Elle était seule, plantée au pied de la tour de l'horloge, quand sonna le premier coup de midi.
Elle leva la tête au onzième coup pour voir le Moro de droite amorcer son ultime geste. le maillet n'atteignit pas la cloche. Incrédule, elle suivit du regard le marteau de bronze qui s'envolait en un arc impeccable. Elle ne bougea pas, fascinée par la masse qui s'approchait inexorablement.
A l'instant final, résignée, Marie Dru ferma les yeux sur ses rêves.
Il était écrit que l'attendait la Mort à Venise."